On vit comme des cons .
On est la production instable d 'une société de consommation, de l'aboutissement d'une révolution industrielle bénéfiques aux bourges. La jeunesse dorée nous regarde de haut avec son sac prada, elle rit, elle boit, elle fume, elle sort, juste pour oublier qu'a tout avoir, elle n'a plus rien. On rage de ne pas avoir leurs comptes en banque, ils ragent de ne pas avoir nos comptes affectifs.
Les plus malheureux du monde, on se pend pour un renvoi ou un divorce, on pleure un portable perdu ou un beugge de pc. On râle sur tout : les cours, le boulot, les autres, le fric, surtout le fric, encore le fric, et toujours le fric. On est les sujets fidèles de l'avarice, on veut tout, tout de suite, et servi sur une plateau d 'argent.
On chiale pour un clebs mort, on regarde les gosses congolais crever sous nos yeux aux infos en soupirant, affalés sur le canapé. On rit des autres, on parle de tous, on se cache la réalité en se mettant des oeillères en or & velours.
On achète une voiture, puis deux, on trouve que les électriques sont trop lentes, pas assez performantes, on râle pour l'entretien de la voiture, pour l'accident parce qu'on avait bu, pour la facture du garagiste.
On nait, on vit, on est lobotomisé, on est plus assez performants, on est jeté.
On se sert les uns des autres, on fait mal, on se moque, on tire profit, on se fait une fortune, la bourse nous ruine, on se gave de médocs. et on finit en psychiatrie.
Les jeunes sont révoltés, foutent le feu aux bagnoles, fument des joints, se saoulent à chaque occasion, jurent d 'être aux antipodes de leurs géniteurs.
Ils sont programmés par les écoles, par la société, ils oublient leurs rêves, ils oublient leurs idéaux, la raison même de leur révolution & leurs promesses. Ils étudient, ils se font engagés, ils bossent, ils achètent une maison, ils achètent une voiture, ils baisent leur conjoint, ils le trompent, ils ont des gosses, ...
&
le cercle rec
ommence .
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